Rassemblement de l’intersyndicale devant le ministère de l’Économie à Bercy, le 15 septembre
À l'appel de la CGT, de la CFE-CGC, de la CFDT et de FO, les salariés des Industries électriques et gazières (IEG) se sont mobilisés le 15 septembre pour défendre le tarif agent, aussi appelé « Avantage en nature énergie ». Cet appel commun avait été décidé par les quatre fédérations dès le 17 juillet. Au cœur de la mobilisation : le projet d'évolution de ce conquis historique dont bénéficient les agents des IEG. Dans son rapport publié en juillet, la Cour des comptes estime son coût à plus de 700 millions d'euros en 2024 pour le groupe EDF.
Pour rappel, le tarif agent fait partie intégrante de la rémunération des salariés et ne peut être considéré comme un simple « cadeau ». Environ 140 000 salariés actifs et près de 160 000 retraités sont concernés par le dispositif.
Une mobilisation dans toute la branche. Plus de 225 000 agents se sont mobilisés dans l’ensemble des Industries électriques et gazières. La grève a été largement suivie dans les différentes entreprises de la branche, notamment EDF, Enedis, RTE, Engie et GRDF. Chez EDF, le taux de grévistes a atteint 77,55 %, et dépassait 95 % en moyenne dans les CNPE. Cette forte mobilisation s’est traduite par des actions sur de nombreux sites en France. Dans le parc nucléaire, des baisses de puissance ont notamment été enregistrées à Tricastin, Flamanville, Nogent-sur-Seine, Penly, Cattenom, Paluel et Saint-Alban. Les territoires ultramarins ont également pris part à cette journée, notamment à La Réunion, où plusieurs piquets de grève ont été organisés devant des sites EDF.
Après Bercy, l’intersyndicale se tourne vers Matignon. À Paris, près d’un millier d’électriciens et de gaziers se sont rassemblés devant le ministère de l’économie situé à Bercy. Une délégation de l'intersyndicale a d’ailleurs été reçue par la ministre déléguée à l'Énergie, Maud Bregeon. Les représentants syndicaux ont notamment demandé la levée de l'injonction de la Cour des comptes à l'origine du projet de modification du dispositif. Mais la rencontre n'a pas permis de clore le dossier car la ministre ne disposait pas de mandat pour répondre à cette demande. L'intersyndicale a donc réclamé une rencontre avec le Premier ministre avant le 2 octobre. Sans réponse satisfaisante, les organisations syndicales ont prévenu qu'elles pourraient poursuivre et durcir la mobilisation.
Un dossier loin d’être clos. Le matin même de la mobilisation, la ministre déléguée à l'Énergie avait assuré qu'il n'était « pas question de remettre en cause le tarif agent » et qu'il n'y aurait « pas de passage en force ». Selon le gouvernement, l'enjeu porte davantage sur la valorisation sociale et fiscale de cet avantage et sur sa mise en conformité avec les demandes de la Cour des comptes.
Pour les organisations syndicales, la mobilisation du 15 septembre marque donc une première étape. Elles restent déterminées à défendre un dispositif qu'elles considèrent comme une composante à part entière de la rémunération et du statut des agents des Industries électriques et gazières.