Déjà consulté en mai 2025 sur le projet d’arrêt définitif des tranches 4 et 5 de la centrale de Cordemais, le CSE central d’EDF SA avait rendu un avis défavorable. Malgré cette opposition, la Direction poursuit sa trajectoire et prévoit désormais un arrêt anticipé de la tranche 4 dès le 1er septembre 2026. Le projet a été présenté pour avis lors de la séance du 17 juin 2026.
Depuis plusieurs années, le thermique classique voit son activité chuter, alors même qu’il reste indispensable à l’équilibre du réseau électrique. Moins sollicité en continu, mais de plus en plus mobilisé en urgence, ce type de production assure un rôle de flexibilité essentiel sur un réseau toujours plus percuté par une production intermittente.
Un arrêt anticipé sur fond de recherche permanente d’économie pour EDF. La décision d’arrêter de manière anticipée la tranche 4 intervient dans un contexte de plan d’économie engagé à la maille de l’Entreprise. Un arrêt de production anticipé d’une année est une nouvelle fois un reniement de la parole donnée aux salariés. Après l’abandon d’Ecocombust* malgré une parole présidentielle après un arrêt de production ? malgré les remerciements pour avoir sauvé le réseau électrique pendant la crise énergétique, c’est une anticipation d’une fermeture qui est décidée alors qu’il y a encore un an la parole de la direction était bien au maintien des 2 installations de production jusqu’au 1er avril 2027. Sur le terrain, les difficultés s’accumulent. Manque de personnel en exploitation, redéploiements liés à la fermeture programmée, baisse du fonctionnement des installations : autant de facteurs qui ont conduit à limiter l’exploitation à une seule tranche durant l’hiver 2025-2026. Une situation qui interroge, alors même que les équipes continuent de démontrer un haut niveau de performance et de disponibilité. Et un processus de fermeture qui plonge le personnel dans un très haut niveau de RPS.
Une stratégie contestée et des conséquences concrètes. Pour la Direction, cet arrêt anticipé vise à adapter les effectifs et sécuriser l’exploitation. Un argument contesté, qui revient surtout à accompagner la baisse d’activité sans en traiter les causes. Pour les représentants des salariés, cette décision s’inscrit dans une trajectoire de fermeture déjà actée, sans véritable alternative industrielle pour le site. Au-delà des enjeux immédiats, les conséquences s’annoncent importantes, à la fois pour le territoire, avec une baisse attendue des recettes fiscales, et pour les salariés, malgré le maintien des dispositifs d’accompagnement, avec des incertitudes sur les parcours professionnels et les conditions de travail jusqu’à la fermeture définitive. À terme, la tranche 5 deviendra la dernière unité charbon d’EDF en France, avant son arrêt prévu en mars 2027, marquant la fin de la production d’électricité sur le site. En parallèle, EDF évoque la création d’une nouvelle activité industrielle via sa filiale Framatome, avec l’implantation d’une usine de préfabrication de tuyauteries destinées aux futurs réacteurs EPR2. Si ce projet est présenté comme une perspective pour le site, il ne concernerait qu’une centaine d’emplois à son lancement, pour atteindre environ 200 postes à terme, soit un volume bien inférieur aux effectifs actuels. Un écart qui alimente les interrogations sur la réalité d’une reconversion capable de préserver les emplois et l’activité du site.
À l’issue de la présentation du projet en séance, le Comité central a rendu un avis défavorable lors de la séance du 17 juin 2026 à l’arrêt anticipé de la tranche 4, confirmant ses inquiétudes sur les conditions et les impacts de cette décision.
Le thermique à flamme sous la pression du marché : https://www.csecedfsa.fr/actualites/0-1378/le-thermique-a-flamme-sous-la-pression-du-marche