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Publié le 02/07/2026

Canicule au travail : quelles obligations pour les employeurs ?

La France a connu, il y a quelques semaines seulement, un épisode de chaleur exceptionnellement précoce pour un mois de mai. À peine deux à trois semaines plus tard, une nouvelle vague s’est abattue sur le pays, plus longue et plus intense, avec des températures dépassant localement les 42 à 43° dans plusieurs régions. Face à la multiplication annoncée de ces épisodes caniculaires, quelles sont les obligations des employeurs pour protéger les salariés ? 

 

La chaleur représente un risque réel pour les salariés, en particulier lorsqu’elle est intense ou prolongée. Selon l’INRS*, les seuils de 30° pour une activité sédentaire et de 28° pour un travail physique servent de repères pour mettre en place des mesures de prévention.

Comment adapter les espaces et l’organisation du travail face à la chaleur ? 

Les salariés du tertiaire. EDF, comme de nombreuses entreprises, privilégie depuis plusieurs années le flex-office dans le tertiaire. Dans ce contexte, les salariés disposent de peu de marge de manœuvre face à la chaleur : sans poste fixe, ils subissent des conditions thermiques variables, sans pouvoir choisir un espace plus frais. Lorsque les conditions le permettent, le télétravail peut constituer un levier pour limiter l’exposition à la chaleur, mais cette solution n’est pas adaptée à tous, certains salariés vivant dans des logements mal isolés et se voyant contraints de se rendre sur site. Il est donc indispensable d’adapter les bâtiments, d’autant plus qu’à EDF dispose de nombreux sites très vitrés, particulièrement exposés au rayonnement solaire. Redonner de la souplesse dans le choix des postes, faciliter l’accès aux zones ventilées ou climatisées et permettre de rester dans un espace plus frais contribuent à limiter l’exposition aux fortes températures. 

Sur les sites de productions. Pour les salariés travaillant sur les sites de production, l’organisation du travail doit également être adaptée, dans la mesure du possible, avec des horaires décalés vers les heures les plus fraîches, la limitation des tâches les plus pénibles, le renforcement des pauses et la rotation des équipes. Enfin, la mise à disposition d’espaces rafraîchis et une meilleure anticipation du risque chaleur permettent d’améliorer les conditions de travail en période de canicule. 

Les techniciens réseau. Pour les techniciens réseau et les équipes d’intervention, particulièrement exposés lors des interventions en extérieur, l’adaptation des conditions de travail est plus complexe. Elle passe, autant que possible, par l’ajustement des horaires vers les périodes les plus fraîches, la priorisation des interventions urgentes, ainsi que la mise en place de rotations pour limiter l’exposition prolongée. Le renforcement des pauses, l’accès à de l’eau en quantité suffisante et l’utilisation de véhicules climatisés comme zones de repos constituent également des leviers essentiels. Enfin, l’adaptation des équipements de protection et une vigilance renforcée de l’encadrement permettent de mieux prévenir les risques liés à la chaleur.

Salariés DSEI : une exposition permanente à la chaleur. Une attention particulière doit également être portée aux salariés de la DSEI, qui travaillent tout au long de l’année dans des environnements soumis à des températures élevées. Contrairement aux épisodes ponctuels de canicule, ces conditions sont structurelles et nécessitent des adaptations durables. Cela passe par l’amélioration des conditions sur site, notamment en matière de ventilation et de rafraîchissement des locaux, l’adaptation des équipements de protection pour mieux gérer la chaleur, ainsi que par l’organisation de pauses régulières dans des espaces tempérés. Cette situation est d’autant plus préoccupante que les territoires déjà exposés à ces fortes chaleurs devraient être encore davantage impactés par le réchauffement climatique. Une vigilance renforcée et des mesures anticipées sont donc indispensables pour limiter les risques liés à cette exposition prolongée.

 

Comment renforcer la prévention face aux fortes chaleurs ? 

Adapter les espaces de travail. La réduction du rayonnement solaire est essentielle, notamment dans les bâtiments très vitrés, afin de limiter l’effet de serre et la surchauffe des espaces de travail. Elle doit s’accompagner de mesures visant à éviter l’accumulation de chaleur, comme une meilleure ventilation, une climatisation adaptée ou l’aération des locaux aux heures les plus fraîches. Il est également possible de limiter la chaleur en réduisant les sources internes, par exemple en éteignant les équipements inutilisés, et en adaptant les espaces de travail, en éloignant les postes des vitrages et en créant des zones rafraîchies accessibles aux salariés. 

Anticiper pour mieux protéger les salariés. Les salariés du Groupe seront de plus en plus confrontés à des périodes de fortes chaleurs. Il est donc essentiel qu’EDF intègre pleinement ce risque dans le DUERP** (document unique d’évaluation des risques professionnels). L’entreprise doit également mettre en place des formations pour informer les salariés sur les bons réflexes à adopter en cas de canicule et sur l’utilisation des équipements permettant de réguler la température corporelle. Enfin, les équipements de protection individuelle doivent être adaptés afin de mieux protéger les salariés, limiter les effets de la chaleur et réduire leur exposition au rayonnement solaire. 

Face à des épisodes de chaleur de plus en plus fréquents, adapter les conditions de travail n’est plus une option, mais une nécessité durable. Cela suppose d’agir à la fois sur les espaces de travail et sur l’accompagnement des salariés, y compris en explorant des solutions complémentaires, comme la mise en place d’aides permettant de mieux faire face à la chaleur, notamment pour l’équipement des logements lorsque cela s’avère nécessaire. 

 

*INRS (Institut national de recherche et de sécurité) : association loi de 1901 à but non lucratif créée en 1947 sous l’égide de la Sécurité sociale, chargée de la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles.
 
**DUERP (Document unique d’évaluation des risques professionnels) : document obligatoire dans lequel l’employeur recense et évalue l’ensemble des risques auxquels sont exposés les salariés afin de mettre en place des actions de prévention adaptées.

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