Vue aérienne de la centrale nucléaire de Penly - 2024
Les six premiers EPR2 en préparation. Le programme Nouveau Nucléaire poursuit son déploiement avec la préparation des six premiers réacteurs EPR2. Trois sites ont déjà été retenus pour accueillir ces futures installations : les CNPE de Penly, Gravelines et Bugey. Les travaux préparatoires ont démarré cette année sur les sites de Penly et de Gravelines. À Penly, la construction des deux premiers réacteurs devrait débuter en 2029 pour une mise en service prévue à l’horizon 2038. À Gravelines, le lancement des travaux est prévu en 2033 pour une mise en service en 2040. Le site du Bugey suivrait avec un démarrage de la construction en 2035 et une mise en service attendue en 2042.
Huit EPR2 supplémentaires envisagés. Au-delà de ces trois premières paires de réacteurs, le programme Nouveau Nucléaire prévoit la mise en service progressive de huit EPR2 supplémentaires entre 2043 et 2050. Selon la direction, ce programme doit permettre de répondre à l’augmentation des besoins en électricité tout en préparant le renouvellement du parc nucléaire actuel. L’objectif est également de garantir une production d’électricité décarbonée et pilotable pour la seconde moitié du siècle, tout en tirant parti du retour d’expérience des premiers EPR2 et des capacités de la filière industrielle. La direction a indiqué que la préparation du premier dossier de site pour cette seconde phase pourrait débuter dès 2027. Les premiers sites concernés devront donc être proposés d’ici à la fin de l’année 2026.
Une filière en recherche de compétences. La construction de la paire d’EPR2 de Penly devrait mobiliser plus de 7 600 emplois d’ici à 2029, dont 3 200 dans le génie civil. La filière nucléaire estime ses besoins entre 10 000 et 15 000 recrutements par an au cours des dix prochaines années. Les techniciens représenteraient près des deux tiers des postes à pourvoir. Pour accompagner cette montée en charge, de nombreuses formations sont créées ou adaptées, du lycée professionnel aux écoles d’ingénieurs. La direction indique également que plusieurs dizaines de milliers de salariés seront amenés à développer de nouvelles compétences, notamment dans les domaines de la qualité industrielle, de la sûreté nucléaire et de la conduite de grands projets.
Une nouvelle organisation pour porter le programme. Afin d’accompagner le programme Nouveau Nucléaire, le groupe EDF a engagé en juin 2023 une réorganisation** de ses activités autour de cinq grandes directions. Deux directions sont dédiées à la production, l’une pour l’exploitation des installations, l’autre pour la maîtrise d’œuvre. Une direction de maîtrise d’ouvrage assure la préparation et le pilotage administratif et financier des futurs programmes de construction. Les activités d’ingénierie sont regroupées au sein d’une direction dédiée, tandis qu’une direction industrielle rassemble notamment Framatome et les activités liées aux turbines Arabelle.
Les modalités de financement. Le financement du programme reposera sur une société de projet dédiée (SPV), bénéficiaire d’un prêt du Fonds d’épargne géré par la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Cette structure assurera la traçabilité juridique et comptable des flux financiers du programme, sans être propriétaire ni exploitante des futures centrales. Elle devra également rendre compte régulièrement à la CDC de l’avancement des projets, notamment au regard du respect des délais, des coûts et des indicateurs de performance.