Ingénieure passée par le nucléaire civil, Maud Bregeon accède, avec le remaniement du 26 février, au portefeuille de l’Énergie au moment où la France engage la mise en œuvre de sa nouvelle feuille de route énergétique. Chargée de piloter sa mise en application, elle devra transformer les orientations sur le nucléaire, les renouvelables et l’électrification en décisions concrètes pour la filière (L’Usine Nouvelle).
Relance du programme nucléaire oblige, Framatome affûte sa stratégie de réorganisation industrielle dans la fonderie. La participation de la filiale d’EDF au projet de reprise de la fonderie Hachette & Driout, dévoilée le 24 février au tribunal des activités économiques de Lyon, est l’une des pierres de la sécurisation de ses approvisionnements. L’annonce a été faite à l’occasion de l’audience statuant sur le sort des filiales du groupe ACI, en redressement judiciaire. Cette entreprise basée à Saint-Dizier (Haute-Marne) produit des pièces de fonderie dont des petits et moyens composants pour le nucléaire. L’enjeu pour le chaudiériste ? Garder la main sur la fabrication des pièces critiques nécessaires au programme de construction des six EPR 2 prévus en France et des deux EPR attendus à Sizewell au Royaume-Uni (L’Informé).
EDF s'apprête à lancer son plus gros chantier hydroélectrique en construisant une deuxième usine dans la centrale de Montézic (Aveyron). Deux turbines-pompes augmenteront de 466 mégawatts (MW) la puissance de cette station de transfert d'énergie par pompage (dite « STEP »), qui développera alors plus de 1 300 MW, l'équivalent d'un réacteur nucléaire. EDF voulait faire depuis des années cette extension souterraine évaluée à 500 millions d'euros (Les Echos).
Dans un rapport sur l'arrêt des centrales à charbon paru mercredi 25 février, la Cour des comptes estime que la tranche P4 biomasse sur le site de Gardanne a bénéficié d'un soutien public renouvelé « très significatif » en 2024, « dans des conditions contestables ». Le coût de cette installation, exploitée désormais par GazelEnergie, présente « un risque élevé » pour les finances publiques, et « ne répond [pourtant] plus à un besoin de sécurité d'approvisionnement », d'après la Cour. Les dépenses publiques totales pourraient atteindre jusqu'à 1,5 milliard d'euros, en fonction des hypothèses retenues, soit presque deux fois le montant évoqué (Enerpresse).
Le 26 février 2026, EDF a annoncé le succès d’une émission obligataire verte multi-tranches d’un montant total de 2,75 milliards d’euros, confirmant la capacité de l’électricien à mobiliser des capitaux massifs pour financer sa stratégie bas carbone. Fait notable : l’intégralité du produit net de l’émission sera consacrée au financement ou refinancement de projets nucléaires, considérés comme éligibles dans le cadre du Green Financing Framework d’EDF (Revue Économique de France).
Orano vient de signer auprès d’EDF trois importants contrats, d’une durée de 10 ans, pour approvisionner en électricité ses différents sites tricolores. Au total, EDF devrait donc fournir près de 500 gigawattheures (GWh) d’électricité nucléaire par an à Orano, notamment au site Orano Recyclage qui est situé à La Hague, et dont la consommation annuelle est estimée à 560 GWh (Révolution énergétique).
En Roumanie, la société nationale Nuclearelectrica (SNN) a approuvé jeudi 12 février la décision finale d'investissement (FID) pour son projet de petit réacteur modulaire (SMR) de Doicesti. Il s'agit de la première FID pour un projet de SMR en Europe. Après la création en 2022 de la société en charge du projet RoPower Nuclear - la société de projet codétenue par Nova Power and Gas (NPG) et SNN -, puis l'achèvement en 2023 et 2024 des phases initiales des études techniques Feed 1 et Feed 2, c'est une nouvelle étape pour l'énergie nucléaire roumaine (Enerpresse).
EDF craint d'importants manques à gagner dans les années à venir si la France tarde à sortir des énergies fossiles pour passer à l'électricité, alors qu'elle est aujourd'hui confrontée à une surproduction électrique du fait de l'essor des renouvelables et d'une consommation atone. Le géant public français du nucléaire a publié lundi un rapport très attendu sur les conséquences de la modulation, terme technique désignant sa capacité à varier la production de ses réacteurs nucléaires selon les besoins de consommation (AFP).
Le gouvernement prévoit d'investir 200 milliards d'euros dans les réseaux électriques ainsi que l'implantation de nouvelles éoliennes dans les zones qui en sont peu pourvues, a indiqué le ministre de l'Économie Roland Lescure dimanche. La PPE, qui était très attendue, a été dévoilée le 12 février. Elle entend répondre d'ici à 2035 aux enjeux de souveraineté et de décarbonation de la France. Cette troisième PPE acte une relance massive du nucléaire, énergie décarbonée mais complexe à mettre en œuvre, en rupture avec la précédente PPE (2019-2024) qui prévoyait de fermer 14 réacteurs nucléaires. Elle table sur « une optimisation » du parc existant et la construction de six nouveaux réacteurs, avec huit autres réacteurs en option (AFP).
Le gouvernement a déposé plusieurs amendements au projet de loi Dadue sur l’équilibrage du système électrique et les flexibilités, examiné à compter de ce 17 février en séance au Sénat. Parmi eux, une poignée concerne l’équilibre du système électrique. L’exécutif souhaite par exemple préciser les conditions dans lesquelles les producteurs et les consommateurs doivent établir des programmes d’appel (projections d’injection ou de soutirage) ; et étend cette obligation aux stockeurs, sous conditions. Afin de diversifier les leviers dont dispose RTE pour équilibrer le système, il espère aussi « élargir l’obligation de fournir les services de type réglage de fréquence et de tension aux installations de stockage techniquement aptes [à le faire] » (Contexte).
L'Autorité de sûreté nucléaire demande à EDF de revoir certains aspects de la conception des ouvrages de génie civil des deux futurs réacteurs EPR2 prévus à Penly, dans un avis du 28 janvier publié le 30 janvier. Le gendarme du nucléaire estime dans son avis, que le dossier d'EDF, même complété « ne permet pas de conclure à la suffisance de la conception et de la démarche de dimensionnement des ouvrages de génie civil retenues par le projet EPR2 », pour la paire de réacteurs prévus à Penly (Seine-Maritime) (AFP).
Nouveau contretemps pour l'EPR de Flamanville. Le plus puissant des réacteurs français va être reconnecté au réseau électrique national le 9 février à 23 heures, annonce EDF. Soit un mois après le passage de la tempête Goretti qui a mis à l'arrêt la centrale nucléaire normande, située au bord de la Manche. L'électricien public avait initialement prévu un redémarrage de l'EPR 48 heures après le passage de la tempête. Mais il avait finalement dû se résoudre à reporter l'arrêt forcé de l'installation au 1er février. Puis au 4. Et enfin au 9 février (Les Echos).