Réduire la part du nucléaire en Europe était une « erreur stratégique ». La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a opéré un changement de ton en faveur de l'atome Mais le virage sémantique de Bruxelles fait écho à celui du chancelier allemand Friedrich Merz, qui avait lui-même parlé « d'une grave erreur stratégique » à propos de la sortie du nucléaire annoncée par l'Allemagne il y a 15 ans après la catastrophe de Fukushima (AFP).
Disposer au début des années 2030 de SMR en service sur le territoire européen, tel est l’objectif de la nouvelle stratégie européenne pour les petits réacteurs modulaires, présentée le 10 mars. Le plan a été annoncé par la présidente de la Commission européenne, durant le Sommet international du nucléaire La stratégie prévoit notamment une coopération entre États membres pour harmoniser les cadres réglementaires et accélérer les permis, ainsi que la création d’un fonds de garantie de 200 M€ pour soutenir les investissements privés dans les technologies nucléaires innovantes (News tank energies).
C’est une décision qui va coûter cher à EDF, bien au delà des quelque 50 milliards d’euros que coûtera la nouvelle usine Aval du Futur de recyclage de combustibles usés. Le 17 mars 2025, lors du dernier conseil de politique nucléaire (CPN), l’Élysée a en effet décidé de relancer la recherche sur la fermeture du cycle du combustible. La feuille de route, définie par EDF, le CEA, Orano et Framtome, doit être validée lors du prochain CPN, jeudi 12 mars, délocalisé sur le site nucélaire de Penly (Manche) (L’Usine Nouvelle).
Ingénieure passée par le nucléaire civil, Maud Bregeon accède, avec le remaniement du 26 février, au portefeuille de l’Énergie au moment où la France engage la mise en œuvre de sa nouvelle feuille de route énergétique. Chargée de piloter sa mise en application, elle devra transformer les orientations sur le nucléaire, les renouvelables et l’électrification en décisions concrètes pour la filière (L’Usine Nouvelle).
Relance du programme nucléaire oblige, Framatome affûte sa stratégie de réorganisation industrielle dans la fonderie. La participation de la filiale d’EDF au projet de reprise de la fonderie Hachette & Driout, dévoilée le 24 février au tribunal des activités économiques de Lyon, est l’une des pierres de la sécurisation de ses approvisionnements. L’annonce a été faite à l’occasion de l’audience statuant sur le sort des filiales du groupe ACI, en redressement judiciaire. Cette entreprise basée à Saint-Dizier (Haute-Marne) produit des pièces de fonderie dont des petits et moyens composants pour le nucléaire. L’enjeu pour le chaudiériste ? Garder la main sur la fabrication des pièces critiques nécessaires au programme de construction des six EPR 2 prévus en France et des deux EPR attendus à Sizewell au Royaume-Uni (L’Informé).
EDF s'apprête à lancer son plus gros chantier hydroélectrique en construisant une deuxième usine dans la centrale de Montézic (Aveyron). Deux turbines-pompes augmenteront de 466 mégawatts (MW) la puissance de cette station de transfert d'énergie par pompage (dite « STEP »), qui développera alors plus de 1 300 MW, l'équivalent d'un réacteur nucléaire. EDF voulait faire depuis des années cette extension souterraine évaluée à 500 millions d'euros (Les Echos).
Dans un rapport sur l'arrêt des centrales à charbon paru mercredi 25 février, la Cour des comptes estime que la tranche P4 biomasse sur le site de Gardanne a bénéficié d'un soutien public renouvelé « très significatif » en 2024, « dans des conditions contestables ». Le coût de cette installation, exploitée désormais par GazelEnergie, présente « un risque élevé » pour les finances publiques, et « ne répond [pourtant] plus à un besoin de sécurité d'approvisionnement », d'après la Cour. Les dépenses publiques totales pourraient atteindre jusqu'à 1,5 milliard d'euros, en fonction des hypothèses retenues, soit presque deux fois le montant évoqué (Enerpresse).
Le 26 février 2026, EDF a annoncé le succès d’une émission obligataire verte multi-tranches d’un montant total de 2,75 milliards d’euros, confirmant la capacité de l’électricien à mobiliser des capitaux massifs pour financer sa stratégie bas carbone. Fait notable : l’intégralité du produit net de l’émission sera consacrée au financement ou refinancement de projets nucléaires, considérés comme éligibles dans le cadre du Green Financing Framework d’EDF (Revue Économique de France).
Orano vient de signer auprès d’EDF trois importants contrats, d’une durée de 10 ans, pour approvisionner en électricité ses différents sites tricolores. Au total, EDF devrait donc fournir près de 500 gigawattheures (GWh) d’électricité nucléaire par an à Orano, notamment au site Orano Recyclage qui est situé à La Hague, et dont la consommation annuelle est estimée à 560 GWh (Révolution énergétique).
En Roumanie, la société nationale Nuclearelectrica (SNN) a approuvé jeudi 12 février la décision finale d'investissement (FID) pour son projet de petit réacteur modulaire (SMR) de Doicesti. Il s'agit de la première FID pour un projet de SMR en Europe. Après la création en 2022 de la société en charge du projet RoPower Nuclear - la société de projet codétenue par Nova Power and Gas (NPG) et SNN -, puis l'achèvement en 2023 et 2024 des phases initiales des études techniques Feed 1 et Feed 2, c'est une nouvelle étape pour l'énergie nucléaire roumaine (Enerpresse).
EDF craint d'importants manques à gagner dans les années à venir si la France tarde à sortir des énergies fossiles pour passer à l'électricité, alors qu'elle est aujourd'hui confrontée à une surproduction électrique du fait de l'essor des renouvelables et d'une consommation atone. Le géant public français du nucléaire a publié lundi un rapport très attendu sur les conséquences de la modulation, terme technique désignant sa capacité à varier la production de ses réacteurs nucléaires selon les besoins de consommation (AFP).
Le gouvernement prévoit d'investir 200 milliards d'euros dans les réseaux électriques ainsi que l'implantation de nouvelles éoliennes dans les zones qui en sont peu pourvues, a indiqué le ministre de l'Économie Roland Lescure dimanche. La PPE, qui était très attendue, a été dévoilée le 12 février. Elle entend répondre d'ici à 2035 aux enjeux de souveraineté et de décarbonation de la France. Cette troisième PPE acte une relance massive du nucléaire, énergie décarbonée mais complexe à mettre en œuvre, en rupture avec la précédente PPE (2019-2024) qui prévoyait de fermer 14 réacteurs nucléaires. Elle table sur « une optimisation » du parc existant et la construction de six nouveaux réacteurs, avec huit autres réacteurs en option (AFP).