L’État et EDF ont finalisé les modalités de financement des six nouveaux réacteurs nucléaires voulus par Emmanuel Macron, a annoncé l'Elysée dans un communiqué à l'issue d'un conseil de politique nucléaire qui s'est tenu aujourd'hui à Penly. L'État s'est engagé à financer 60 % du « montant total » des réacteurs — actuellement estimé à 72,8 milliards d'euros de 2020 — via un prêt à taux zéro « financé par le fonds d’épargne de la Caisse des dépôts ». Ce fonds est alimenté par les fonds du livret A, consacrés jusqu'ici au financement du logement social (Politico).
La Cour des comptes européenne (CCE) a publié le 4 mars un rapport critique envers la Commission européenne, lui reprochant « l’absence d’une stratégie globale et actualisée » pour guider son soutien aux pays tiers en matière de sûreté nucléaire, malgré près d’un milliard d’euros engagés depuis 2014 sous forme de subventions et de prêts. Les auditeurs relèvent trois failles notamment un processus de sélection de projets insuffisamment transparent (Enerpresse).
La crise au Moyen-Orient contraint l'UE à assouplir temporairement les règles qu'elle a adoptées concernant ses importations de gaz dans le cadre de la mise en œuvre de son règlement sur l'interdiction totale d'importer du gaz russe à partir de 2027, ont déclaré des diplomates jeudi 12 mars à l'agence de presse Reuters. La Commission européenne devrait ainsi publier avant le 18 mars des orientations sur la manière d'appliquer ces nouvelles règles (Enerpresse).
Le gestionnaire du réseau de distribution d'électricité Enedis a annoncé qu'il avait procédé le 10 mars à une vaste opération de contrôles chez des professionnels de la grande distribution, soupçonnés de fraudes à la consommation. Contacté par l'AFP, le groupe a néanmoins précisé que le préjudice causé par un client professionnel fraudeur s'élève en moyenne à 40.000 euros, soit dix fois celui d'un particulier. Le préjudice causé à Enedis par ses clients professionnels s'élèverait par an à 100 millions d'euros (AFP).
EDF a annoncé le 10 mars la création d'une instance chargée de trouver et structurer le financement de projets de réacteurs nucléaires civils à l'international, qui vont nécessiter d'importantes ressources publiques et privées. Le FINABe (Financing and Investing in Nuclear - Advisory Board EDF), comité consultatif pour le financement et l'investissement dans le nucléaire, doit « identifier les attentes des marchés » et « contribuer au développement progressif de mécanismes financiers » susceptibles de « soutenir les investissements dans de nouveaux projets nucléaires », grands ou petits réacteurs (SMR), détaille EDF dans un communiqué (AFP).
Réduire la part du nucléaire en Europe était une « erreur stratégique ». La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a opéré un changement de ton en faveur de l'atome Mais le virage sémantique de Bruxelles fait écho à celui du chancelier allemand Friedrich Merz, qui avait lui-même parlé « d'une grave erreur stratégique » à propos de la sortie du nucléaire annoncée par l'Allemagne il y a 15 ans après la catastrophe de Fukushima (AFP).
Disposer au début des années 2030 de SMR en service sur le territoire européen, tel est l’objectif de la nouvelle stratégie européenne pour les petits réacteurs modulaires, présentée le 10 mars. Le plan a été annoncé par la présidente de la Commission européenne, durant le Sommet international du nucléaire La stratégie prévoit notamment une coopération entre États membres pour harmoniser les cadres réglementaires et accélérer les permis, ainsi que la création d’un fonds de garantie de 200 M€ pour soutenir les investissements privés dans les technologies nucléaires innovantes (News tank energies).
C’est une décision qui va coûter cher à EDF, bien au delà des quelque 50 milliards d’euros que coûtera la nouvelle usine Aval du Futur de recyclage de combustibles usés. Le 17 mars 2025, lors du dernier conseil de politique nucléaire (CPN), l’Élysée a en effet décidé de relancer la recherche sur la fermeture du cycle du combustible. La feuille de route, définie par EDF, le CEA, Orano et Framtome, doit être validée lors du prochain CPN, jeudi 12 mars, délocalisé sur le site nucélaire de Penly (Manche) (L’Usine Nouvelle).
Ingénieure passée par le nucléaire civil, Maud Bregeon accède, avec le remaniement du 26 février, au portefeuille de l’Énergie au moment où la France engage la mise en œuvre de sa nouvelle feuille de route énergétique. Chargée de piloter sa mise en application, elle devra transformer les orientations sur le nucléaire, les renouvelables et l’électrification en décisions concrètes pour la filière (L’Usine Nouvelle).
Relance du programme nucléaire oblige, Framatome affûte sa stratégie de réorganisation industrielle dans la fonderie. La participation de la filiale d’EDF au projet de reprise de la fonderie Hachette & Driout, dévoilée le 24 février au tribunal des activités économiques de Lyon, est l’une des pierres de la sécurisation de ses approvisionnements. L’annonce a été faite à l’occasion de l’audience statuant sur le sort des filiales du groupe ACI, en redressement judiciaire. Cette entreprise basée à Saint-Dizier (Haute-Marne) produit des pièces de fonderie dont des petits et moyens composants pour le nucléaire. L’enjeu pour le chaudiériste ? Garder la main sur la fabrication des pièces critiques nécessaires au programme de construction des six EPR 2 prévus en France et des deux EPR attendus à Sizewell au Royaume-Uni (L’Informé).
EDF s'apprête à lancer son plus gros chantier hydroélectrique en construisant une deuxième usine dans la centrale de Montézic (Aveyron). Deux turbines-pompes augmenteront de 466 mégawatts (MW) la puissance de cette station de transfert d'énergie par pompage (dite « STEP »), qui développera alors plus de 1 300 MW, l'équivalent d'un réacteur nucléaire. EDF voulait faire depuis des années cette extension souterraine évaluée à 500 millions d'euros (Les Echos).
Dans un rapport sur l'arrêt des centrales à charbon paru mercredi 25 février, la Cour des comptes estime que la tranche P4 biomasse sur le site de Gardanne a bénéficié d'un soutien public renouvelé « très significatif » en 2024, « dans des conditions contestables ». Le coût de cette installation, exploitée désormais par GazelEnergie, présente « un risque élevé » pour les finances publiques, et « ne répond [pourtant] plus à un besoin de sécurité d'approvisionnement », d'après la Cour. Les dépenses publiques totales pourraient atteindre jusqu'à 1,5 milliard d'euros, en fonction des hypothèses retenues, soit presque deux fois le montant évoqué (Enerpresse).